DES « GIRAFES » À LA RESCOUSSE DES OUVRIERS

Pour sensibiliser aux dangers encourus par les employés de chantiers autoroutiers, le TCS, la police vaudoise et la DGMR ont reproduit un accident contre une «girafe», un camion-tampon.

Adieu E36

Au loin, la BMW s’élance pour la dernière fois de son existence. Dans quelques secondes, la carrosserie bleue de cette Serie 3 Compact E36 ira se comprimer contre la zone de déformation jaune d’un camion-tampon qui l’attend, sur une bretelle d’autoroute fermée, au-dessus de Lutry (VD). Un sacrifice qui ne sera pas vain, car le crash programmé de la bavaroise porte un message de prévention.

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Campagne de sensibilisation

En effet, cette démonstration vise à sensibiliser sur les effets de la distraction au volant et les dangers encourus par les ouvriers des chantiers autoroutiers. Pour pourvoir à leur sécurité, la Confédération dépense 40 millions de francs chaque année; dès 2018, l’investissement pour la sécurisation des chantiers atteindra même 45 millions, en vertu de nouvelles normes. La vitesse sera systématiquement abaissée à 80 km/h le long des zones en chantier et le début de ces dernières sera obligatoirement protégé par un camion-tampon. Le canton de Vaud dénombre 31 de ces «girafes», comme on les surnomme, qui sont fabriquées à partir de tracteurs-sellettes affichant entre 400 000  et 700 000 km au compteur. «Il ne sert à rien de prendre des camions neufs, quand on sait qu’ils finiront par être défoncés par les automobilistes», explique Laurent Tribolet, chef de la division entretien de la Direction générale de la mobilité et des routes (DGMR).

15 automobilistes par dans le canton de Vaud

Et, lorsqu’on sait qu’environ 15 automobilistes par an finissent leur course contre l’un de ces camions, rien que sur le canton de Vaud, on comprend mieux le choix de véhicule d’occasion. Le coût pour remettre une «girafe» endommagée sur pattes, n’est pas bon marché: il oscille entre 20 000 et 40 000 francs, en fonction de la nature du dégât. «On sera dans la partie basse de la fourchette lorsque seul l’amortisseur a été touché; la partie haute de la tranche sera atteinte quand des pièces de liaison avec le châssis sont endommagées», explique Laurent Tribolet. Ces accidents adviennent le plus souvent à cause de la distraction, sans surprise. Le TCS, par la voix d’Yves Gerber, son porte-parole, souligne qu’en 2016 la distraction a été la principale cause d’accidents avec blessés graves (453 cas).

Prévus pour résister jusqu’à 100 km/h

Reprenons notre BMW là où on l’avait laissée. Elle fonce désormais à 60 km/h en direction de la girafe et s’approche à grands pas de sa cible. «Même si les camions-tampons sont homologués pour résister jusqu’à 100 km/h, nous avons préféré nous en tenir à 60 km/h pour cette simulation, explique Jean-Christophe Sauterel, directeur de la prévention et de la communication à la police vaudoise. D’abord, parce que nous ne voulons prendre aucun risque inutile; ensuite, parce que cette vitesse correspond à la réalité, car les automobilistes actionnent les freins avant l’impact.»

Moins brutal que prévu

La BMW n’est plus qu’à quelques mètres: l’impact ne peut plus être évité. Le cascadeur crie, la Serie 3 Compact s’écrase dans un fracas mêlant tôle compressée, crissement de pneus et verre éclaté. Puis, le silence. Les pompiers, présents pour sécuriser la démonstration, interviennent. Ils commencent par s’assurer de l’état du cascadeur et, à l’aide d’un écarteur hydraulique, soulèvent le capot de la malheureuse bavaroise. Les hommes du feu déconnectent la batterie par précaution, les airbags n’ayant pas explosé (ils ont été volontairement désactivés, le pilote utilisant un harnais). Stéphane Riesen, le cascadeur, sort sans la moindre difficulté de l’auto, sous les applaudissements. «Tout va bien, sourit-il. Je m’attendais à un crash plus net, il a en réalité été très progressif. La structure en nid-d’abeilles de la zone de déformation ralentit l’auto de manière plus marquée à mesure que l’on se rapproche du camion.» Ce dispositif protège ainsi à la fois les ouvriers du chantier et le conducteur imprudent. En revanche, rien à faire pour l’auto, qui fera son ultime voyage sur une dépanneuse…

60 km/h

Le simulation «grandeur nature» a été réalisée à la vitesse de 60 km/h. La structure en aluminium du camion-tampon est prévue pour résister jusqu’à 100 km/h. Les airbags ne se sont pas déclenchés, car désactivés au préalable par le cascadeur. Ce dernier, retenu par un harnais, n’as pas jugé utile leur emploi.

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