PREMIER CONTACT: SEAT ARONA

Le succès de l’Ateca a galvanisé Seat, qui présente déjà son deuxième SUV, l’Arona. Plus petit oui, mais pas moins attrayant.

Un SUV pour atteindre les sommets, un second pour y rester. Le succès du premier crossover de Seat, l’Ateca, a pris tout le monde de court, en premier lieu la marque, qui a eu de la peine à répondre à la forte demande. Avec 24 200 exemplaires écoulés entre juin et décembre 2016, l’Ateca a significativement participé au record enregistré de 410 200 véhicules vendus l’an dernier. La marque semble bien partie pour crever ce plafond en 2017, surtout parce qu’elle s’apprête à envahir le segment des SUV de segment B, avec l’Arona. D’après Seat, la catégorie, où se battent entre autres les Renault Captur, Peugeot 2008 et Jeep Renegade, connaîtrait une explosion depuis 2010 (+700%!). L’afflux massif de nouveaux prétendants, comme les Citroën C3 Aircross, Kia Stonic et Hyundai Kona, témoigne encore de la palatabilité de ce segment. L’Arona rencontrera même de la concurrence interne, en la présence du VW T-Roc, lui aussi fraîchement débarqué. Néanmoins, son cousin de Wolfsburg est beau joueur car il lui laisse utiliser en premier la plateforme MQB A0 dans sa déclinaison pour crossovers.

68 combinaisons de carrosseries

Esthétiquement, l’Arona a toutes les apparences d’une Ibiza sur échasses; les designers n’ont pas voulu dénaturer le beau travail accompli sur la citadine. On retrouve ainsi les projecteurs aux angles vifs, signés d’un triangle lumineux. Si la partie arrière se distingue davantage de l’Ibiza grâce à des feux plus larges, c’est bien sur la partie haute du véhicule qu’il sera impossible de les confondre. Non seulement l’Ateca est de 11 cm (1,55 m) plus haute que l’Ibiza, mais elle arbore aussi, en option, une couleur en contraste avec la carrosserie. Au total, avec les 68 combinaisons possibles, les chances de croiser une Arona identique à la sienne sont réduites à portion congrue.

A l’intérieur, que de mélancolie

Seat a étendu les possibilités de personnalisation à l’habitacle: un insert de couleur ou en simili-cuir peut égayer la planche de bord. Enfin, «égayer» est un mot fort car, même apprêté ainsi, l’intérieur est un hymne à la noirceur. Le contraste avec l’extérieur et avec l’image «jeune» que cherche à se donner la marque est incompréhensible. Les plastiques ne sont pas plus flatteurs à l’œil qu’au toucher, les surfaces dures et rugueuses sont dispersées à l’envi. Les assemblages, de prime qualité, viennent rehausser le bilan, de même que l’écran d’infodivertissement de 8 pouces. Sa taille généreuse pour le segment, sa résolution, sa réactivité et la bonne structure de ses menus en font l’un des points saillants de cet intérieur. Mentionnons aussi l’habitabilité qui offre une agréable sensation d’espace à l’avant, mais juste satisfaisante à l’arrière. Le coffre, lui, se situe au sommet de la catégorie, grâce à ses 400 litres.

Bon compromis sur route

Seat n’a pas omis de charger son Arona de toutes les technologies du moment, comme l’assistant de freinage d’urgence, les surveillants d’angles morts et du trafic transversal, les assistants de maintien de voie et de parcage. La firme a même ajouté quelques bonus, à l’image du régulateur de vitesse actif, le chargement de smartphone par induction ou les suspensions pilotées (exécution FR). Volant en main, le contraste entre les différents modes est perceptible, bien que non criant. En revanche, la dissimilitude des réglages de suspension entre une FR et une Arona de base est sensible. L’espagnole se montre plus incisive, plus vive et exalte la relative légèreté de l’auto; elle contient mieux les balancements de la caisse et gomme ainsi la légère impression de flottement des versions sans châssis sport.

La bonne nouvelle, c’est que ce dynamisme accru ne se fait pas au détriment du confort, puisque l’ibère absorbe pavés, gendarmes couchés et inégalités avec dextérité. La direction, si elle est plutôt mordante, n’est pas très expressive, car trop légère. Elle fera cependant merveille dans les centres urbains où elle exacerbera la maniabilité de ce SUV, lequel n’en paraîtra que plus petit.

Niveau motorisations, nous avons pu mettre la main sur le plus puissant des diesel (1,6 l, 115 ch) et le 3-cylindres essence de 115 ch. Ce dernier, qui représentera le gros des ventes (58% en Suisse), nous a parfaitement semblé à la hauteur de la tâche. Son couple de 200 Nm (entre 2000 et 3500 tr/min) et sa puissance maximum perchée à 5500 tr/min le rendent très exploitable; il affiche même un caractère pétillant dans la zone médiane du compte-tours. Le diesel, s’il n’aura pas la même fougue, n’a pas grand-chose à récriminer, avec ses 250 Nm. En revanche, tous deux inonderont l’habitacle de leurs vocalises, à pleine charge. Sur autoroute, en plus d’un manque flagrant de reprises, on remarquera également d’importants bruits d’air dans la zone des rétroviseurs; une confirmation que les voies rapides ne sont pas le terrain de jeu préféré de l’Arona. Non, ce qu’elle préfère, c’est la ville et elle semble bien parée pour y faire sa place. Seat escompte placer en Suisse 300 Arona en 2017 et 1000 pour 2018 et ce, malgré l’absence de 4×4. Ceux qui n’en ont pas besoin pourront déjà trouver la petite espagnole dans les showrooms de la firme.

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