«NOUS VISONS TOUJOURS UN ENGAGEMENT À LONG TERME»

David King est en charge du département Motorsport et projets spéciaux pour Aston Martin. Il revient avec nous sur l’épopée en compétition de la marque ailée et l’avenir de la marque en Endurance.

Revue Automobile: David King, aujourd’hui, c’est la fin d’une ère pour Aston Martin?

David King: Oui, c’est un moment très spécial, chargé en émotions. Cela fait depuis 2012 que nous courrons avec la Vantage. Je suis admiratif du chemin parcouru et du palmarès engrangé avec cette voiture, qui est née – pour la version routière – en 2005. Son remplacement est donc le bienvenu, mais c’est non sans un pincement au cœur que je verrai nos voitures officielles entrer au musée. Au fil des ans, le public a montré son attachement à ce modèle devenu charismatique par ses lignes et son bruit si caractéristique. Et puis, nous sommes en lice pour remporter les championnats pilotes et team 2017 en GTE Am avec l’équipage n°98 Paul Della Lana/Pedro Lamy/Mathias Lauda qui a montré un engagement sans faille cette année avec de nombreux succès à la clé (ndlr: interview réalisée avant la course, la Vantage n°98 a remporté le championnat). C’est une conclusion idéale à l’aventure de la Vantage actuelle.

En plus de 20 ans de carrière chez Aston Martin, quel a été l’apport de la compétition pour la marque?

Il y a 20 ans, nous parlions encore de la victoire aux 24 Heures du Mans de 1959. On surfait encore tant bien que mal sur ce passé certes glorieux, mais quelque peu fané. Et puis est venu le rachat par Ford, l’investissement dans la plateforme VH qui a donné naissance à la lignée des DB9 et Vantage. En 2004, nous avons pris la décision de revenir en compétition avec le support de Prodrive de David Richards. Nous avons ainsi ouvert le chapitre de compétition le plus long dans l’histoire de la marque. Dans un premier temps avec la DBR9 et son V12 fantastique et leur livrée verte fidèle à la marque. Puis, nous avons tenté l’aventure LMP1 entre 2009 et 2011, sans grand succès. La discipline est beaucoup trop onéreuse pour une petite marque comme nous si on veut être compétitifs. En 2012, nous sommes revenus au championnat GT avec la Vantage, ce qui nous a permis aussi de promouvoir nos voitures de route. D’un point de vue marketing, c’est un outil très important. Aujourd’hui, avec la nouvelle Vantage GT2, nous ouvrons un nouveau chapitre, nous continuons sur la lancée et nous visons toujours un engagement à long terme. Nous serons présents au minimum pour les cinq prochaines années en Endurance avec la GTE, puis dans les autres championnats avec les écuries clientes en GT3 et GT4.

Le fait que successivement vos deux directeurs, Ulrich Bez et Andy Palmer, soient passionnés de compétition a-t-il facilité les choses?

Ils sont passionnés de compétition, mais restent malgré tout connectés au business. Ce n’est pas qu’un hobby. Certes, l’entrée en matière est plus facile pour moi lorsqu’il s’agit de discuter du budget compétition, mais ils ne montrent pas plus de clémence ou d’indulgence à mon égard et à nos résultats. Il est difficile de mesurer l’impact qu’ont la présence en compétition ou les succès en course sur les ventes.

Mais avoir son patron qui pilote en compétition est unique.

Oui. Andy Palmer y tient, aussi pour pouvoir comprendre ce que nos clients recherchent et mieux connaître nos voitures. D’un point de vue commercial, cette démarche a permis de décliner nos activités de compétition avec la marque AMR lancée cette année à Genève. Cela fait du sens et montre que nous utilisons notre expérience en compétition pour en faire bénéficier nos véhicules de route ou créer des modèles exclusifs comme la Walkyrie. Andy Palmer a très vite repéré ce potentiel et l’a mis en œuvre.

Et quel a été l’accueil de la part de la clientèle?

Excellent! Il y a 10 ans, croiser une Aston Martin avec un pack aérodynamique ou un aileron énorme sur la route était inenvisageable. Nous n’avions pas la légitimité nécessaire sur le plan sportif. Dès lors, les conducteurs désireux de radicalité se tournaient vers la Porsche 911 GT3 ou autres modèles à la définition plus pistarde. Aujourd’hui, les modèles que nous proposons avec AMR permettent aussi d’intéresser cette clientèle à Aston Martin. Nous allons continuer à la développer dans les prochaines années. Suivant le succès que nous rencontrerons, il est possible que nous créions une coupe monotype pour gentlemen drivers.

L’actuelle Vantage est l’une des autos du plateau GTE la plus proche de la version route. En sera-t-il de même pour la nouvelle (l’interview a été réalisée quelques jours avant que ne sorte la nouvelle VAnateg GTE)?

L’actuelle Vantage GTE est effectivement dérivée de la version routière. Pour sa remplaçante, nous avons débuté son développement en parallèle à la voiture de route, en intégrant le plus tôt possible les contraintes exigeantes des règlements FIA. Cela nous donne un excellent point de départ. Reste à voir désormais de quelle manière la balance de performance au sein du plateau impactera notre voiture, étant donné qu’elle sera la plus récente.

Aston Martin a étendu son partenariat avec Red Bull pour 2018. La F1 ou la formule E sont-elles en ligne de mire?

Pas dans l’immédiat. Avec Red Bull, il s’agit avant tout d’un partenariat technologique pour la création de la Walkyrie et d’autres aspects pour nos voitures. Bien sûr que nous observons avec attention ce qui se passe tant en F1 avec les technologies de propulsion qu’en formule E avec la propulsion électrique. Mais nous avons toujours une préférence pour l’Endurance aux courses sprint.

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